Un joyeux brouhaha, un chaleureux chahut,
nous retient autour d'une table, la peau du ventre
bien tendue . Les vieux finissent l'eau-de-vie, tandis
que les jeunes mangent leur pain blanc en chatouillant
les petits qui s'étouffent en rigolant...
Une forte tête blonde termine sous la menace ses
minuscules dés de viandes, en faisant la grimace... Il
en donne un sur deux au chien... moi j'y vois clair dans
son petit jeu. Il me supplie du regard, alors je ferme les
yeux ! Le bébé en bout de table, sur sa chaise d'arbitre,
surveille d'un oeil abstrait l'arbre généalogique. Dire
qu'on vénère tellement ce petit incontinent .
La grand-mère l'embrasse en rital... j'vous
jure que c'est mieux avec l'accent !
Ca me rappelle quand on était gamins,
on faisait nos prières en italien... J'ai longtemps
cru que dieu était rital mais maintenant je sais qu'il
est américain ! On fait des dunes de sel pour aspirer
les tâches de vin rouge renversé, et des sujets qui
fâchent. Les vieux souvenirs de vacances roulent sur
la nappe, les miettes de pain, les blagues plutôt
grivoises slaloment entre les bouteilles de vin.
La prune, la poire, la cerise, on va siroter
tout le verger ! Le grand-père sort les cigares... et
se les fait tous taxer ! Morceaux de sucre dans l'alcool...
raffinement de gastronome. C'est la chasse au canard
dans le marc de Bourgogne !
Les repas le dimanche midi
Comme j'sais plus qui disait...
Le bonheur ça se trouve pas en lingots
Mais en p'tite monnaie
