Lundi 18 Aout 2008
J'habiterai rue des droits de l'homme, non loin
d'Antigone. Quand on entrera dans mon immeuble,
on verra plein de boites aux lettres les unes à côtés
des autres, y en aura une qui portera mon nom, et su-
rement que j'oublierai souvent de regarder dedans.
Il faudra monter au quatrième étage pour trouver
l'appart 44, le mien. Le berceau de ma nouvelle
vie. Le doux cocon de mon autonomie. Quand
on entrera dans l'appart, on verra surement
que je ne suis pas la fille la plus ordonnée
que la terre ait jamais portée. Surement
que si vous me le faites remarquer, ça
me fera sourire. Si je vous mène à
l'intérieur, vous aurez la confir-
mation de vos craintes.
Je suis une fille. J'aime les bibelots,
les posters, les lampes multi-colores,
j'aime la musique, la peinture, les meu-
bles simples et blancs, les couettes japo-
naises, le thé vert, l'enscens. Surement que
vous la sentirez très vite, cette odeur feutrée,
les stores baissés, et le bruit de l'ordinateur
qui tourne tout le temps, qu'importe l'heure
à laquelle vous venez me rendre visite.
Puis je vous montrerai la plus grande fenêtre que j'ai jamais vue.
Un truc immense, qui arrive jusqu'aux pieds, certainement qu'il y aura
des rideaux colorés devant, mais pour l'instant, elle est imberbe et blanche.
Quand vous regarderez au travers, vous verrez une ligne de tram qui court
à ses pieds, un trompe l'oeil étonnant juste en face, des arbres sympa-
thiques, histoire de ne pas etre trop dépaysée par ce déménagement.
Maintenant c'est sur, les papiers sont là,
dans une semaine, je suis une montpellieraine.
Et pire que tout, je sens que je vais aimer ça.